La procession à Conflans Ste Honorine de nos jours
20-09-2006

Comme l'a prescrit le Pape Jean XXII en 1318, le prêtre porte l'Eucharistie en procession "dans les rues et les places publiques". La procession est précédée d'une information aux Conflanais par voie d'affichage sur les murs et dans les vitrines des commerçants.


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La Fête-Dieu à Conflans. Récit de la Fête en juin 2002

Début juin, depuis des siècles, la Fête-Dieu constitue une manifestation hors du commun, en fait depuis que le Pape Jean XXII, en 1318, ordonna de porter l'Eucharistie en procession dans les rues et les places publiques.

Traditionnellement, participent au défilé les diverses associations à caractère religieux, dont les membres portent le dais abritant le prêtre et le Saint-Sacrement. Cette année, l'Harmonie de Franconville, composée de vingt musiciens, est venue s'intégrer à la procession pour mieux marquer l'événement, avec ses cuivres et ses tambours.

A la fin de la messe, l'assemblée s'est regroupée en cortège devant la chapelle pour la procession du Saint-Sacrement qui s'est ébranlée vers midi pour parcourir les rues de Conflans.

Portée au sommet de sa hampe, la Croix ouvre le chemin. Elle est suivie par les louveteaux, louvettes, encadrées par leurs cheftaines, les enfants qui ce dimanche ont fait leur première communion, les enfants de chœur, céroféraires (porteurs de cierges), thuriféraires (porteurs d'encens) et acolytes, fort nombreux. Je suis moi-même proche de l'un des encensoirs et je ressens parfaitement l'odeur si pleine et mystérieuse de l'encens qui embaume le quartier.

L'officiant, M. l'abbé Peignot, portant le Saint-Sacrement, s'avance sous le dais porté par quatre paroissiens représentant les associations de laïcs de la Paroisse. Puis, viennent les vingt musiciens de l'Harmonie de Franconville, dirigée par M. Rigouste. Ensuite les vingt-cinq choristes de la Schola Saint-Martin dirigés par Jean Bojo, Maître de Chapelle. Suit enfin la foule des fidèles, nombreuse elle aussi, qui porte des bannières aux couleurs vives.

Laissant derrière elle les deux autels de la Chapelle sainte Honorine, superbement ornés de boiseries et de chandeliers, la procession a parcouru la rue Pasteur, la rue du Dr Schweitzer, l'avenue du Maréchal Foch. Et dans ces rues, le long du parcours, le "spectacle" est celui d'une procession dense, en habits du dimanche, pieuse, chatoyante, chantante, priante. Beaucoup de jeunes et beaucoup de poussettes d'enfants. Spectacle très familial. Le macadam est couvert de pétales de fleurs sur lesquelles on marche et qui laissent leur trace poétique sur les rues goudronnées.

Cette longue cohorte célèbre le Saint-Sacrement dans les rues de la ville. On l'entend venir de loin. Les cuivres et tambours de l'Harmonie l'annoncent: ils se font d'autant mieux entendre que cela fait de très nombreuses années que la procession ne comptait pas de musique. Voilà les musiciens de retour dans les rue de Conflans: trompettes, clarinettes, hautbois, saxophones, flûtes, encadrées par les tambours. Sur leur passage, les portes et les fenêtres s'ouvrent et les curieux sortent. Certains sourient et se signent. D'autres rejoignent le cortège.

En alternance avec l'Harmonie, la Chorale entonne les cantiques et hymnes propres à la grande tradition de la Fête-Dieu : Tandis que le monde proclame, Lauda Jerusalem Dominum, Loué Soit à tout instant, Nous voulons Dieu, Chez nous soyez reine, et Lauda Sion, qu'on a appelée le Credo du saint Sacrement, autant de chants d'une simplicité majestueuse. Tout au long de la procession, nous avons ainsi une alternance de prières, de musique et de chants.

La procession s'avance jusqu'à la Place Romagné où un autel magnifique, chargé de fleurs, a été dressé près de la Salle des Fêtes. Cet autel permet une station, où les fidèles vont recevoir la bénédiction du Très Saint Sacrement, dans un silence adorateur. L'abbé Peignot présente l'hostie sainte dans l'ostensoir du 15e siècle, officiant avec toute la solennité que requiert cette fête, dans un silence total, devant les fidèles agenouillés.

Et tout à coup, le frêle tintinnabule de la clochette met fin à cette halte spirituelle, et relance les chants repris par tout le monde, propulsant - manière de dire - la procession vers l'avenue Carnot pour rejoindre la Place de la Mairie et rentrer à la chapelle Sainte-Honorine.

Après la fin de la cérémonie, un apéritif fût offert à tous pour se rafraîchir et se souhaiter un bon dimanche. Moment d'émotion également, car c'est la dernière Fête-Dieu de l'abbé Peignot à Conflans, qui après huit ans passés dans notre ville, rejoindra une nouvelle affectation à la rentrée.

Conflans, ville d'histoire et ville d'avenir ! Après le 917ème pèlerinage à Sainte Honorine en février dernier, ce fût aujourd'hui la 684ème procession de la Fête-Dieu, fêtée par toutes les générations, notamment les plus jeunes, qui étaient aussi les plus nombreuses.